L’artiste Greco-Suisse, connu pour son art satirique, expose une série d’objets créés pour et dans les vestiaires des ouvriers de l’ancienne usine d’aluminium de Martigny sur invitation de la Villa Mirage.
Au mois de mars 2026, l’artiste gréco-suisse Leo Thiakos a été le premier artiste en résidence INsitu de l’année à la Villa Mirage.
Dès son arrivée, il porte son attention sur un lieu précis : les vestiaires des ouvriers de l’ancienne usine d’aluminium. Un espace chargé d’histoire — mémoire des corps, des gestes, de la sueur et du travail. Aujourd’hui, ce lieu fragile semble suspendu dans le temps, en lente désagrégation, comme une mémoire qui s’efface peu à peu.
C’est au cœur de ces vestiaires, où les carreaux se détachent un à un, que Leo Thiakos installe son atelier. Pendant deux mois, il y travaille avec une rigueur presque rituelle, commençant par nettoyer minutieusement l’espace, comme pour lui rendre hommage avant toute intervention.
Il y développe une série inédite intitulée Lutte des classes, amorcée sur son île grecque d’Icaria — dont le nom résonne comme un écho au mythe d’Icare — peu après son invitation à la Villa Mirage. Conçue et produite in situ, cette série prend forme directement dans ce lieu chargé, transformé en atelier temporaire. À la fois esthétique, incisive, drôle et profondément ancrée dans une réalité sociale, l’œuvre dialogue avec l’histoire du site et les tensions qu’elle continue de faire résonner.
Connu pour son œuvre controversée Mot croisé, qui lui valut un procès très médiatisé avec l’UDC — dont il est sorti acquitté aux côtés de son curateur — Leo Thiakos révèle ici une autre facette de sa pratique. Durant tout son séjour à la Villa Mirage, nous avons découvert que derrière l’artiste sulfureux se cache un artiste à l’engagement réel et solide, loin des apparats, pour qui l’art est une véritable arme intellectuelle.
À la manière d’un Gepetto contemporain, il conçoit ses œuvres avec patience : chaque idée est pensée, dessinée, consignée avant d’être façonnée avec soin, souvent dans le bois, jusqu’à prendre vie.
Pour cette nouvelle série, l’artiste s’est documenté sur l’histoire de l’usine, a rencontré les artisans de la zone, avec lesquels il a même collaboré à la réalisation d’un multiple qui sera présenté lors de l’exposition.
Nous aurons le plaisir de vous accueillir au vernissage de l’exposition le 1er mai 2026, jour symbolique de la Fête du Travail.
Link zur Website: https://www.villamirage.ch/event-details/exposition-leo-thiakos-lutte-des-classes-2026-05-02-18-00