Exposition
Traiter du passé, qu’il soit récent ou millénaire, demande d’en savoir lire et déchiffrer les témoignages, traces et signes. De l’empreinte - animale ou végétale - au tesson ou fragment d’écriture, chaque élément devient porteur d’une narration.
C’est sur cette double notion de trace et de narration que peut s’appréhender le travail de Jean-Claude Roh. Observateur du fugace et du précaire, le photographe en capture les manifestations, souvent ténues, pour créer des archives du provisoire et du périssable.
Pour autant, ces archives n’ont pas pour seule fonction de soustraire ces vestiges au passage du temps, et d’ainsi les inscrire dans une forme de pérennité, mais sont aussi une invitation à nous pencher sur la notion d’éphémère. De même que les objets présents dans les Vanités renvoient à la fatuité et fragilité de la vie humaine, les fragments photographiés par Jean-Claude Roh nous évoquent l’inexorabilité du cycle temporel par ce qui subsiste d’un élément vivant. Dès lors, ce que narrent les fragments photographiés ne sont pas qu’une évocation de ce qu’ils furent, mais deviennent symbole de l’inéluctable finitude qui attend toutes formes du vivant, qu’elles soient biologiques ou sociétales.
Néanmoins, contrairement aux Vanités, ces photographies ne véhiculent pas de jugements moraux, et plutôt qu’une représentation du Memento mori – souviens-toi que tu mourras – le travail de Jean-Claude Roh est plus proche du Mono no aware, locution japonaise que l’on peut traduire par « empathie ou sensibilité à l’éphémère ». Une manière de nous sensibiliser à la nature fuyante du monde et à l’impermanence des choses.
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