Concert de clôture - Renaud Capuçon refermera en beauté la 48e saison musicale de la Fondation Pierre Gianadda.
Renaud Capuçon entretient avec la Fondation Pierre Gianadda des liens privilégiés. Le célèbre violoniste a découvert ce lieu emblématique à l’âge de douze ans à l’occasion d’un concert du violoniste Isaac Stern qui a laissé sur lui une empreinte indélébile. Depuis, Renaud Capuçon donne régulièrement des concerts à Martigny, accompagné de son précieux violon le « Panette », un Guarneri del Gesù qui a justement appartenu à Isaac Stern.
Le 20 mai prochain à 19h30, Renaud Capuçon se produira pour la dixième fois dans le temple d’Octodure à la tête de son Orchestre de Chambre de Lausanne (qui vient de lui renouveler son mandat de directeur artistique jusqu’en 2029). Pour l’occasion, le célèbre musicien a choisi de nous offrir deux grands classiques du répertoire symphonique : le crépusculaire Concerto pour violon et orchestre de Robert Schumann et l’irrésistible Septième Symphonie de Ludwig van Beethoven qu’il assortira – comme il se doit – de quelques bis bien choisis.
Un concerto au destin tragique
Pendant longtemps, le Concerto pour violon et orchestre de Schumann a dérouté les interprètes par sa couleur sombre et sa nature imprévisible. Écrite entre le 11 septembre et le 3 octobre 1853, l’œuvre a vu le jour pendant la dernière période créatrice du compositeur dont la santé mentale se dégrade de jour en jour. Le Concerto a connu un destin rocambolesque. Après la mort de Schumann, sa veuve Clara s’oppose catégoriquement à sa publication, tandis que son commanditaire le violoniste Joseph Joachim, croyant y déceler des signes de faiblesse et dans l’intention louable de protéger la réputation artistique de son auteur, prend des dispositions testamentaires visant à en interdire pour les cent ans à venir toute publication et interprétation. Il faut ainsi attendre 1937 pour que cette œuvre mal-aimée soit exhumée et publiée aux Éditions Schott.
Initialement, c’est Yehudi Menuhin qui est pressenti pour en assurer la création. Le violoniste américain se montre très enthousiaste, estimant que le Concerto de Schumann représente le chaînon manquant entre les Concertos pour violon de Beethoven et de Brahms. Mais la Reichsmusikkammer nationale socialiste ne l’entend pas de cette oreille. Sous la gouverne de Joseph Goebbels, elle souhaite faire du Concerto de Schumann une sorte d’Ersatz « aryen » de celui, très populaire, de Félix Mendelssohn, dont la musique avait été frappée d’interdiction lors de l’arrivée au pouvoir des nazis. La création devait être initiée sur le sol allemand. Yehudi Menuhin se voit ainsi refuser les droits d’exécution de l’œuvre, en raison de ses origines juives. Le Concerto de Schuman fut donc interprété pour la première fois à Berlin le 26 novembre 1937, par l’Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Karl Böhm avec en soliste le célèbre violoniste allemand Georg Kulenkampff. Menuhin doit se contenter d’en réaliser le premier enregistrement, accompagné par le Philharmonique de New York dirigé par Sir John Barbirolli.
Renaud Capuçon s’est pris d’affection pour cette œuvre poétique dont la couleur résolument mélancolique, la grande liberté de discours et le langage débridé, presque halluciné, si caractéristiques de l’écriture tardive de Schumann. La grande star du violon y voit l’occasion unique de mettre en valeur les ressources musicales de son Stradivarius dont il jouera tout en dirigeant dans un même souffle, l’Orchestre de Chambre de Lausanne.
L’apothéose de la danse
Après l’entracte, Renaud Capuçon posera l’archet pour prendre la baguette et nous offrir sa vision de la sublime Septième Symphonie de Beethoven. Des neuf Symphonies du « maître de Bonn », c'est peut-être la plus troublante et la plus ambiguë. Elle a donné lieu à des interprétations aussi diverses que saugrenues contre lesquelles le compositeur s'est élevé lorsqu'il le pouvait encore. La plus éloquente est peut-être celle de Richard Wagner qui l’a qualifiée d' « Apothéose de la danse ». Pourtant, aucune indication, ni indication biographique ne permet de préciser quelles étaient les intentions réelles du compositeur. Il n’en reste pas moins que cette symphonie dégage une énergie irrésistible. Beethoven lui-même la considérait « comme l’une des productions les plus heureuses de son modeste talent ». Avec son rythme obsédant et fascinant, le deuxième mouvement est sans conteste le sommet de cette Symphonie. Cet Allegretto fut bissé lors de sa création à Vienne en 1813. Quant au mouvement final, plus impérieux que jamais, il emporte le public dans un tourbillon impétueux.
Gageons que vous aussi serez transportés par l’énergie vitale qui se dégage de cet hymne à la danse et à la vie !
Catherine Buser
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