La troupe Res Temporis vous invite à son concert « Les routes de Cluny » dans l’Eglise de St-Pierre-de-Clages. Le concert fera alterner récits et musiques médiévales du XIIIème siècle rapportées par des moines de toute l’Europe en pèlerinage vers l’a
Le projet : « Sur les Routes de Cluny » est né d’une commande faite conjointement par le par le diocèse de Moulins, le sanctuaire de Souvigny et la Fédération Européenne des Sites Clunisiens dans le cadre du 10e anniversaire de la restauration du pèlerinage millénaire ( 1, 2 et 3 mai 2026)et de la candidature d'inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO du bien l'Abbaye de Cluny et le réseau des sites clunisiens.
Sont mis en avant non seulement l’œuvre de Cluny en son temps mais aussi « l’avancée pacifique » volonté forte portée par les saints abbés Mayeul et Odilon qui reposent à Souvigny.
Depuis 2018, ce haut-lieu de spiritualité, d'histoire, d'art et de patrimoine, a été accueilli parmi les 21 Ville Sanctuaire de France. Elle est aussi candidate au patrimoine mondial de l'Unesco, au côté de Cluny et des sites clunisiens.
Le lien de l’église romane de St Pierre-de-Clages avec Cluny intéresse plus d’un historien.
Au XIe siècle, les bénédictins de l'abbaye d'Ainay (Lyon) créèrent un prieuré à St Pierre-de-Clages. Son administration fut confiée à des séculiers. L'église romane (citée dès 1153) date de la première moitié du XIe s. et sa tour octogonale apparaît comme un écho parfait de l’influence européenne de Cluny III du XIIe s.
Il nous a semblé important de relier ce projet à dimension européenne avec notre patrimone historique valaisan.
Pour entrer dans le Moyen Age, on peut emprunter plusieurs portes. L’architecture en est une : c’est le témoignage le plus lisible qui subsiste aujourd’hui. La beauté des édifices médiévaux parle haut et fort à notre époque, plus, peut-être, qu’aux siècles précédents. Mais cela ne suffit pas ; les hommes de ce temps vivaient dans un monde réel : vie quotidienne, nourriture, habillement, jours de labeur et jours fériés, petits et grands événements d’une vie, d’une région, d’un royaume. Le tableau est si complexe qu’il est presque impossible à reconstituer. Il nous faut nous contenter de quelques pièces de la mosaïque. La musique médiévale est faite du même matériau humain que l’architecture, la littérature et l’enluminure de ce temps. Elle est précieuse car elle recèle le cœur de l’homme, elle l’accompagne dans ses questions les plus essentielles, à savoir son rapport à Dieu, à son entourage et à lui-même. La musique dit la vie, la joie, la souffrance, la peur, l’espérance. En cela, elle nous est familière car nous sommes les mêmes êtres humains, à travers les siècles ; par elle, nous pouvons rejoindre nos lointains devanciers, en découvrant ce qu’ils aimaient, comment ils priaient.
Pour faire le portrait de ce temps, nous avons imaginé des moines voyageurs, revenant vers Cluny. L’abbaye-mère et les maisons clunisiennes étaient en lien constant. A lire cette histoire prodigieuse, on est frappé par ce mouvement incessant, par cette dynamique à grande échelle. La grande abbaye avait des maisons-filles partout en Occident ; en Angleterre, en Italie, sur les chemins de St Jacques-de-Compostelle et, bien sûr, dans le royaume de France. On voyageait beaucoup, pour les affaires, en pèlerinage, pour le travail. Ainsi, les bâtisseurs faisaient route de chantier en chantier. On partait en pèlerinage, jusqu’à Santiago, jusqu’à Rome. Le Mont Saint Michel, Vézelay, Montserrat en Catalogne ont été maisons clunisiennes. Près de notre ville de Sion en Valais passe la Via Francigena, qui conduit les pèlerins d’Angleterre jusqu’à Rome.
Les musiques de ce temps ont beaucoup de caractère propre : les prières du nord de l’Angleterre, les « laudi » italiennes, les Cantigas de Santa Maria de la péninsule ibérique esquissent un Occident très diversifié. Il nous a plu d’y voyager en esprit et en imagination. C’est à ce voyage que nous vous convions.